Inventorier, ce n’est pas posséder : c’est préparer des retrouvailles

Ce qui importe aux Archives n’est pas de posséder les œuvres, mais de les tenir prêtes pour de nouvelles retrouvailles.

Les Archives collectent avant tout des images en haute définition que des musées et des institutions de recherche du monde entier ont placées dans le domaine public ou publiées sous licence CC0. Ces images appartiennent déjà à quelqu’un et n’appartiennent à personne — et elles attendent de devenir, une fois encore, la mémoire de quelqu’un.

L’inventaire repose sur le respect de la provenance de l’œuvre, de son auteur, de sa date et de l’institution qui la conserve ; les images sont vérifiées une à une. Définition, couleurs, valeurs, altérations, marges, inclinaison et densité du silence sont évaluées avec prudence, puis, si nécessaire, l’image est corrigée, préparée et recomposée.

Aux Archives, ce travail porte le nom de « restauration ». Il ne s’agit pourtant pas de reconquérir intégralement un passé perdu. Il s’agit plutôt de préparer l’œuvre à respirer de nouveau, doucement, dans les conditions de contemplation d’aujourd’hui.

Les Archives traitent en outre leurs collections non seulement comme des documents figés, mais aussi comme des points de départ pour de nouvelles expressions. Un détail peut être agrandi, répété, tourné, superposé, décomposé, ou uni à d’autres lettres, à d’autres sons, à d’autres mouvements. Non pour consommer l’œuvre, mais pour ouvrir devant les visiteurs d’aujourd’hui les possibilités qu’elle porte encore.


Les œuvres du passé ne sont pas enfermées dans le passé. Les chefs-d’œuvre se tiennent simplement tranquilles — et nous observent, du reste, plus attentivement qu’on ne le croit.